L’édifice qui abritait auparavant le buffet Il Gabbiano à LaSalle sera bientôt démoli et remplacé par un nouveau bâtiment résidentiel de 69 logements. Puisque le projet déroge à plusieurs règlements d’urbanisme, une consultation publique a eu lieu à son sujet, durant laquelle deux personnes du voisinage ont exprimé leurs craintes et leur opposition.
Le projet immobilier doit passer par une procédure de projets particuliers de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI), d’où la tenue de la consultation le 26 février.
Le bâtiment envisagé doit obtenir une dérogation aux régles de zonage car il n’est pas conforme de par le coefficient d’occupation au sol, la hauteur en mètres, le nombre de logements par bâtiment et la différence de niveau du plancher du rez-de-chaussée avec le bâtiment adjacent. Ce sont d’ailleurs ces éléments qui sont susceptibles d’approbation référendaire.
Avant de pouvoir s’exprimer, les personnes présentes ont pu voir la présentation préparée par l’Arrondissement de LaSalle pour ce projet, qui comprendra des logements allant du studio à la maison de ville. Ces dernières auront des entrées privatives sur la rue Lapierre, tandis que les autres devront utiliser l’une des deux entrées communes, sur la rue Lapierre.
Une kyrielle de questions et de remontrances
Une résidente, dont la famille possède des propriétés sur la rue Hébert à l’arrière du bâtiment projeté, s’inquiétait tout d’abord d’une possible perte d’ensoleillement, vu la hauteur annoncée.
Le chef de division de l’urbanisme, Marc Chenouda, lui a répondu qu’il n’est pas usuel de procéder à une étude d’ensoleillement pour un bâtiment de seulement trois étages. De plus, la dérogation est très minime, car le futur immeuble dépasse de moins d’un mètre la limite permise par le zonage.
En toute fin de séance, un représentant du développeur immobilier du Groupe Melatti, Marc Morin, a pris la parole pour promettre que des études seront faites et que les résultats seront communiqués aux riveraines et riverains.
« On mange sur notre terrain. Puis, là vous voulez venir imposer des bâtiments qui vont couper notre qualité de vie », s’est insurgée la future mère.
« Un projet qui aurait respecté la hauteur maximale de 12 mètres aurait été tout à fait en droit de se construire. On ne peut pas empêcher un promoteur ou un propriétaire de construire sur un terrain s’il respecte en tout point la réglementation » a répondu la mairesse de LaSalle, Nancy Blanchet, avant d’ajouter qu’il serait illégal de l’en interdire.
Dans la même veine, un autre résident à l’intersection des rues Leclerc et Lapierre a questionné s’il y avait une distance minimale entre le mur d’une résidence et la clôture. La réponse était à l’affirmative, car aucune dérogation n’avait été demandée à ce sujet.
Le même résident a également demandé ce qu’il serait fait pour faire respecter les dispositions quant à la plantation d’arbres. L’arrondissement a confirmé qu’elle effectuait des suivis serrés, d’autant plus que le nombre est explicitement indiqué dans les plans déposés dans le cadre du PPCMOI.
La contestation à l’horizon ?
Ce même résident a également voulu savoir quelle est la méthode à suivre pour contester le projet sur le site de l’ancien buffet.
Simon Provost-Goupil, chef de division du greffe et des relations avec les citoyens, a expliqué que la période d’approbation référendaire se déroulera durant le mois mars 2025, après la publication d’un avis public à ce sujet.
À partir de ce moment, les personnes intéressées et situées dans les zones concernées et contiguës ont huit jours pour demander la tenue d’un scrutin.
Les deux riverains ont aussi posé des questions quant aux mesures pour mitiger les impacts sur la circulation, déjà difficile aux heures d’entrée et de sortie des classes. Mme Blanchet a confirmé que des analyses sont en cours. Ces analyses portent sur l’intersection entre les rues Lapierre et Jean-Chevalier, afin d’ajouter un feu de circulation, ainsi que les rues Lapierre et Leclerc pour sécuriser les déplacements.
Les deux résidents ont interrogé si des vignettes seraient installées devant cette nouvelle construction. Ce sera aux nouveaux résidents et résidentes du bâtiment d’en faire la demande.
La résidente de la rue Hébert s’inquiétait également des travaux de construction et de démolition, arguant qu’elle ne « pourra pas étendre son lavage dehors » et profiter de sa cour durant l’été. Elle se demandait également si les gens pourront être compensées pour la perte de jouissance.
Le chef de division de l’urbanisme, M. Chenouda, a indiqué que des dispositions sont mises en place pour éviter ce genre de situations et que les démolitions doivent se faire rapidement. Toutefois, aucune compensation n’est offerte par l’arrondissement.
L’autre résident qui s’est exprimé durant la séance craignait que les contracteurs creusent très profondément. M. Morin du groupe immobilier a confirmé qu’étant donné qu’un seul niveau de stationnement sera construit pour les 92 cases, l’excavation ne devrait pas dépasser les trois mètres de profondeur.
Il en a aussi profité pour dire que le promoteur est toujours intéressé de dialoguer avant et pendant les travaux.
La photo en haut de cet article a été fournie par l’Arrondissement de LaSalle.
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