À Verdun, le conférencier Simon Paré-Poupart a présenté sa vision de la gestion des déchets au Québec devant une quarantaine de personnes au salon des Grands Verdunois de la mairie, le 3 décembre.
Depuis son essai Ordures ! paru en 2024, l’universitaire et vidangeur anime des conférences pour sensibiliser aux failles du système de gestion des déchets.
Organisée par Demain Verdun et la Maison de l’environnement, la présentation a débuté par la vidéo « Immersion dans la vie d’un vidangeur » qui dépeint une journée typique dans ce métier, non-respect des règles de tri par la population et rythme de travail effréné compris.
Arrêter de prioriser la facilité de jeter

M. Paré-Poupart dénonce le système de collecte des déchets qui s’inscrit dans une logique de « gestion efficace opposée à une gestion écologique ».
Ce qu’il nomme le waste management vise d’après lui à « jeter les déchets à bas coût pour que ça soit facile pour le citoyen ».
« Il faut diminuer la vitesse de la collecte pour sauver plus de biens, a-t-il affirmé. Et passer d’un système de waste management à un système de valorisation écologique. »
Le conférencier croit que les municipalités devraient « intégrer les citoyens dans une gestion écologique des déchets » au lieu de faire appel aux vidangeurs pour « faire disparaître rapidement [leurs] déchets ». Il pense ainsi que la population devrait être responsabilisée davantage.
« Ça prend un changement complet de mentalité », a-t-il déclaré.
Que sont les 3RV ?
Selon Recyc-Québec, l’expression 3RV réfère aux mots réduction, réemploi, recyclage et valorisation. Elle exprime l’ordre dans lequel un citoyen devrait prioriser ses actions pour minimiser l’impact de ses déchets sur l’environnement.
Valoriser le réemploi
Pour lui, « il faut valoriser le deuxième R, qui consiste à réutiliser et à réparer ».
« On n’innove pas dans le deuxième R, parce que les capitaux vont dans le troisième, a-t-il soutenu. Les efforts et l’argent sont là (dans le recyclage). »
Il estime qu’en raison de la culture de consommation et d’instantanéité, exemplifiée par des entreprises comme Amazon, l’industrie du réemploi n’est pas encouragée, car les individus ne veulent pas attendre pour satisfaire leurs besoins matériels.
« On est déconnecté de l’industrie du seconde-main, car seul le neuf est valorisé. Le seconde-main est encore associée à la pauvreté, et requiert du temps pour trier et redistribuer. »
M. Paré-Poupart avance que culturellement, au Québec, « ça nous prend un avantage à prendre le temps [de bien faire les choses] », soutenant qu’il y a « juste ceux qui ont une certaine moralité qui vont prendre le temps de trier et d’aller à l’écocentre. »
Éviter de programmer les différentes collectes le même jour
À Verdun, les collectes du compost, des vidanges et du recyclage sont effectuées le même jour.
Selon M. Paré-Poupart, ce fonctionnement est « efficace, mais pas écologique », car il amplifie le mauvais tri des matières résiduelles. Il soutient que les individus vont avoir tendance à mélanger leurs matières et à les mettre sur le trottoir de façon pêle-mêle pour s’en débarrasser en même temps.
Avoir des jours de collectes séparées les obligerait selon lui à mieux séparer leurs rebuts et diminuerait la contamination du recyclage et du compost.
Voir les déchets pour mieux les gérer
À la fin de sa présentation, le vidangeur d’expérience a initié une discussion pour partager des pistes de solution.
La Verdunoise Micheline Vermette a suggéré des points de dépôt qui obligeraient les individus à disposer eux-mêmes de leurs déchets, ce qui pourrait être un incitatif à moins jeter.
M. Paré-Poupart croit quant à lui que le fait d’avoir des bacs transparents serait une façon efficace de voir la valeur des déchets. « Il faut voir la matière pour la valoriser », a-t-il dit.
Un autre citoyen a mentionné que l’aménagement des villes devrait prendre en compte les déchets, et une autre que les municipalités devraient offrir de l’information sur le tri en plusieurs langues pour s’assurer d’être compris par l’ensemble de la population.
Où disposer de ses matières résiduelles à Verdun ?
| Organisme | Objets récupérés | Lieu et jour de collecte |
| Maison de l’environnement | Piles, cartouches d’encre, lunettes et petits appareils électroniques Six composteurs communautaires | Du lundi au jeudi à la mairie d’arrondissement Verdun et l’Île-des-Soeurs *Deux nouveaux composteurs prévus en 2026 |
| Au-delà du bac | Piles, ampoules, polystyrène, bouchons de liège, briquets, stylos et filtres Brita (liste complète) | Deuxième samedi du mois au centre communautaire Marcel-Giroux à Verdun Dernier samedi du mois au centre Elgar à l’Île-des-Soeurs |
| Pour une seconde vie | Meubles et des électroménagers en bon état | Pour faire un don Pour devenir bénévole |
| Atelier de réparation | Vêtements et petits électroniques | 28 février 2026 (lieu à venir) Pour partager une compétence |
| Consignaction | Contenants de boisson gazeuse et de bière, contenants de boisson en aluminium et en plastique | Dès 2026 au coin des rues de Verdun et Brault |
La photo de couverture a été prise le 3 décembre 2025 par Odile Joron.
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