Le compostage communautaire de la Maison de l’environnement de Verdun (MEV) permet de déposer ses matières organiques dans un bac et de se servir de compost prêt pour le jardinage gratuitement. Toutefois, les citoyennes interrogées par Nouvelles d’Ici ont souligné que les bacs sont parfois brisés, peu utilisés ou que le compost produit n’est pas toujours de qualité.
Ghislaine Leclerc est citoyenne retraitée et résidente de Verdun depuis 2016. Elle demeure près du composteur communautaire de l’allée des Brises-du-Fleuve. De concert avec des personnes qui habitent son immeuble et les quatre autres situés à proximité, elle a demandé à la MEV d’installer ce composteur communautaire à l’aide de pétitions. La MEV l’a inauguré à l’automne 2018, un an après les premières démarches.
Avant l’installation du compost communautaire, seul l’immeuble de Mme Leclerc compostait ses résidus alimentaires. Dans le reste des immeubles, les gens jetaient leurs déchets dans une seule chute à vidanges commune, sans tri, raconte la citoyenne. Les personnes qui voulaient composter leurs déchets devaient alors se rendre jusqu’à d’autres composteurs communautaires, comme celui du parc Poirier, situé à 20 minutes de marche de Mme Leclerc.
Néanmoins, depuis que l’Arrondissement a implanté en 2024 la collecte des résidus alimentaires dans les cinq immeubles, le composteur communautaire des Brises-du-Fleuve est beaucoup moins utilisé, constate Mme Leclerc, parce qu’il est « moins restrictif », selon elle. « Tu peux jeter les os, la viande, les épis de blé d’Inde », mentionne-t-elle, ce qui n’est pas le cas pour les composteurs communautaires.
Elle a demandé à la MEV s’il était possible de retirer celui des Brises-du-Fleuve, maintenant que l’Arrondissement offre déjà l’option de compostage et d’autant plus qu’il émet des odeurs. La MEV lui a répondu que le bac à compost destiné au jardinage peut être utile pour les résidents qui veulent enrichir leurs plates-bandes. Cependant, celui-ci n’est pas toujours entretenu. « Ça là, ça devrait pas être là », dit Mme Leclerc d’une coquille d’œuf encore fraîche s’étant retrouvée dans le bac à compost prêt.
Nathalie Dansereau, résidente de Verdun, utilise le composteur communautaire du parc Sutherland-Sackville-Bain. Avant qu’il soit implanté, elle affirme qu’elle utilisait celui du parc Poirier. Là-bas, « les boîtes sont souvent défoncées, les cadenas sont enlevés, puis le compost, ce n’est pas nécessairement de qualité. J’ai déjà trouvé des piles », décrit-elle. Elle avance également que le compost du parc Sutherland-Sackville-Bain dont on peut se servir ne lui semble pas prêt.
La citoyenne trouve toutefois « fantastique » cette initiative, puisqu’elle lui permet de ne pas garder son compost chez elle lorsqu’il émet des odeurs et de ne pas avoir à attendre la collecte hebdomadaire de l’Arrondissement. De plus, elle apprécie le fait de savoir ce qui advient des matières qu’elle dépose. « Je suis contente où je suis maintenant [au parc Sutherland-Sackville-Bain], dit-elle. Je pense que je suis presque la seule à composter dans celui-là. »
Mme Leclerc rapporte qu’un des trois grands bacs du composteur communautaire des Brises-du-Fleuve a dû être retiré il y a environ un mois, car il était en état de décrépitude. Selon elle, cela se produit en raison des personnes qui viennent s’asseoir dessus et des animaux qui le rongent.
Dans un courriel envoyé à Nouvelles d’Ici, la citoyenne Solange Lacombe regrette pour sa part le fait que, « pour une personne de [son] âge, le couvercle est trop lourd », ce qui est dommage, selon elle. « Il faut que je le lève à 2 mains, alors je n’ai pas une 3e main pour jeter le compost dans le bac », témoigne-t-elle.
La photo de couverture montre Ghislaine Leclerc devant le composteur communautaire des Brises-du-Fleuve. – Crédit photo : Théo Bou Eid
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