Chiraz Khaldouna
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Chiraz Khaldouna : la passion d’apprendre pour se réinventer et enseigner aux enfants d’ici

Cette année, lorsque Chiraz Khaldouna quittait sa classe de maternelle à l’école Sainte-Geneviève sur Édouard à LaSalle, c’était pour commencer une seconde journée. Pas comme enseignante cette fois-ci, mais comme étudiante.

Participante d’un projet pilote du Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSSMB), Mme Chiraz, comme l’appellent ses élèves, suit les cours à distance d’un programme spécial depuis octobre 2020. Développé conjointement avec l’Université TÉLUQ et l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), ce programme qualifiant, dorénavant reconnu par le ministère de l’Éducation, va lui permettre d’obtenir son brevet en enseignement tout en poursuivant son travail en classe avec ses élèves de maternelle.

Une ingénieure algérienne arrivée au Québec avec sa famille en 2007

Chiraz Khaldouna
Chiraz Khaldouna dans sa classe de maternelle
Crédit photo : Karine Joly

Aujourd’hui résidente de LaSalle, Chiraz Khaldouna est arrivée au Québec en provenance de son Algérie natale en 2007. Ingénieure en traitement des eaux de profession, la native d’Annaba s’installe à Montréal avec son époux et son fils de 3 ans, deux mois avant la naissance de sa fille. Mais, l’arrivée de ce second enfant ne l’empêche pas de poursuivre les démarches pour obtenir le droit de pratiquer son métier. Elle retourne alors aux études à l’école Polytechnique pendant un an avant de passer le test de l’Ordre des ingénieurs à l’époque.

Après la naissance de son troisième enfant en 2010, elle décroche à l’été 2011 un poste dans son domaine à la Ville de Laval. Mais, la fin de ce contrat de 18 mois marque le début d’une grande traversée du désert. Mère de 3 jeunes enfants dans un secteur encore largement masculin, elle fait le triste constat que le marché du travail est loin de lui être favorable.  

Confrontée à des recherches infructueuses, elle ne baisse pourtant pas les bras et décide de faire du bénévolat dans les écoles de ses enfants, à Verdun, en attendant. “Quand j’ai réalisé qu’il serait vraiment difficile de trouver un emploi d’ingénieure, j’ai décidé d’obtenir une Attestation d’études collégiales (AEC) en petite enfance” raconte Mme Khaldouna.

Son AEC en poche, la future enseignante la met à profit pour surveiller l’heure du dîner, travailler dans une garderie privée de Verdun puis en tant qu’éducatrice de service de garde pour le CSSMB à l’école des Coquelicots dès 2019.

Une grande remise en question et un changement définitif de carrière

C’est en février 2020 avec le décès de son père d’une maladie rare, deux ans seulement après la disparition de sa mère, que sa vie bascule. Son père, un ingénieur civil de renom, avait toujours été son modèle. “C’est de lui que je tiens ma persévérance », explique-t-elle avec émotion alors que nous sommes assises face à face sur nos minuscules chaises à proximité du tableau. Quelques semaines plus tard seulement, le confinement imposé par le début de la pandémie marque le coup d’envoi d’une grande remise en question. Se rappelant qu’elle a toujours aimé apprendre, Mme Khaldouna décide alors de s’investir à 100% dans une nouvelle voie. 

“J’ai fait le deuil de ma carrière d’ingénieure une fois pour toutes” résume-t-elle avant d’ajouter que de n’avoir jamais pu vraiment exercer son premier métier au Québec l’avait beaucoup affectée durant toutes ces années. Mais, c’est auprès de sa tante, une enseignante en France, qu’elle trouve à nouveau son inspiration. “Aujourd’hui, je lui demande souvent son avis pour les questions liées à l’enseignement.”

Un programme qualifiant du Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys pour devenir enseignante

Quand Mme Khaldouna entend parler du projet-pilote du CSSMB, elle dépose un dossier de candidature pour le programme qualifiant puis réussit le processus de recrutement. À partir d’octobre 2020, elle commence les cours à distance tout en se voyant attribuer des suppléances dans plusieurs écoles primaires d’ici dont Notre-Dame-de-Lourdes et Les-Saules-Rieurs à Verdun, l’Eau-Vive et Laurendeau-Dunton à LaSalle ainsi que Des-Berges-de Lachine dans l’arrondissement du même nom.

Depuis la rentrée scolaire 2021-2022, elle enseigne à une classe de maternelle à l’école Sainte-Geneviève de LaSalle. Exigeant, le programme est vraiment intéressant selon elle. “Beaucoup de choses sont mises en place pour m’aider et je suis chanceuse de pouvoir compter sur l’aide de ma collègue enseignante, Céline Tardif et du directeur, Marc-André Bérubé Turgeon” souligne Mme Khaldouna.

Avec une enseignante aussi passionnée d’apprendre, nul doute que les élèves de Mme Chiraz ont aussi beaucoup de chance.

La photo en haut de cet article est une photo de Chiraz Khaloudna dans sa classe de maternelle à l’école Sainte-Geneviève Sud prise par Karine Joly.

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Karine Joly
Résidant dans le Bronx à LaSalle depuis 2004, Karine a fondé Nouvelles d'Ici avec un groupe de citoyennes et citoyens en octobre 2020. Elle en est aujourd'hui la rédactrice en chef. Journaliste locale en presse écrite et radio au début de sa carrière en France, elle a aussi été managing editor de la section Cities & Towns d'une grande dot com américaine à New York. Avant de retourner au journalisme, Karine a fondé sa famille et un centre de formation en ligne pour les professionnels de la communication digitale.