Quelques femmes, retraitées pour la plupart, se retrouvent un ou deux après-midis par semaine dans un grand local bien éclairé de la mairie d’arrondissement de LaSalle. Réunies autour d’une grande table, elles s’adonnent principalement à des activités artisanales.
Ces membres du Cercle de fermières LaSalle, fondé en 1975, s’apprêtent à célébrer son 50e anniversaire d’existence. Le premier Cercle de fermières du Québec a été fondé en 1915 et a donné naissance à la plus grande association de femmes du Québec.
Pourquoi choisir de faire partie d’un Cercle de fermières en 2024 ?
Interrogée à ce sujet, Manon Lamoureux explique que se retrouvant seule, célibataire, et les enfants ayant grandi, elle s’est finalement dit : « il faut que tu sortes de la maison ! »
Elle se rappelle avoir ressenti un urgent besoin de trouver une activité qui lui permette de rencontrer des gens. Quand elle s’est jointe au groupe, elle n’avait jamais touché au crochet, une activité qu’elle adore aujourd’hui. « J’en mangerais ! », dit-elle en riant. Elle ajoute que pouvoir partager avec sa famille ses réalisations était valorisant. « Ils apprécient ce que je fais », conclut cette membre depuis environ 10 ans, et aide-secrétaire au sein du groupe.
Michelle Prévost, responsable des arts textiles, ajoute qu’à LaSalle, plutôt mal desservi en transport en commun, il y a peu d’activités facilement accessibles. Le Cercle de fermières est bien situé, à quelques minutes en voiture de chez elle. « C’est le partage de connaissances qui est vraiment agréable ici », ajoute Mme Provost qui se souvient avoir reçu de bons conseils au moment où elle tentait de confectionner un objet artisanal pour la première fois.
France Gosselin, présidente du Cercle LaSalle, était résidente de Verdun. Elle a rejoint le groupe de LaSalle après le décès de son conjoint. Le côté social et l’aspect artistique offerts par le groupe sont importants pour elle. Aux femmes qui lui disent « je ne suis pas bonne », elle répond qu’on « a tous un côté artistique plus ou moins connu. » Certaines personnes n’ont pas pratiqué d’artisanat depuis longtemps ou disent n’en avoir jamais fait. La présidente leur répond : « on va te le montrer, c’est une compétence qui se développe. »
Les « gardiens de secrets » et autres initiatives

Ensemble, les membres mènent de nombreuses activités qui visent à améliorer la qualité de vie dans la communauté.
Les « gardiens de secrets » sont un exemple de l’artisanat produit à ces fins. Les petites poupées de laine très populaires sont offertes à différentes occasions, la plupart du temps à des enfants en difficulté ou parfois même achetées par des adultes. Le patron original de ces poupées proviendrait d’une tradition du Guatemala.
Selon la légende, le soir, on raconte son secret inquiétant à la poupée avant de la placer sous son oreiller. Le gardien de secret prend l’inquiétude en charge. L’enfant peut dormir paisiblement. « Vous aurez remarqué que les poupées n’ont pas de bouche », explique Mme Gosselin, et elle ajoute que « comme elles n’ont pas de bouche, elles ne peuvent répéter le secret qu’on leur a confié. »
Plus récemment le Cercle de LaSalle a confectionné des bavoirs et ensuite des jaquettes à la demande de la Maison de soins palliatifs Sault–Saint-Louis qui vient d’ouvrir ses portes.
Une vingtaine de bavoirs ont d’abord été offerts et ensuite les membres ont dessiné et cousu 22 jaquettes selon les critères souhaités par la Maison des soins palliatifs, des jaquettes différentes et plus colorées que celles qu’on retrouve dans les hôpitaux.
Les projets de contribution à la communauté sont nombreux. Lorsqu’elles les décrivent, les membres autour de la table ont les yeux brillants.
Devenir membre d’un Cercle de fermières
Les membres rencontrées à LaSalle autour de la table souhaitent accueillir de nouvelles participantes en cette veille du 50e anniversaire de leur Cercle. Elles invitent d’autres femmes intéressées à « faire de la socialisation, faire quelque chose d’intéressant et qui en plus sert aussi à d’autres personnes dans la communauté », résume Mme Gosselin.
Il est possible de rejoindre la présidente du Cercle de fermières LaSalle au 514-924-0233
Deux autres cercles de fermières existent à Lachine et Ville Saint-Pierre. On peut retrouver leurs coordonnées sur le site Internet, Les Cercles de fermières du Québec (Les CFC) https://cfq.qc.ca
La photo en ouverture a été prise par Pierre Girard au Cercle des fermières de LaSalle et représente des poupées « Gardiens de secrets ».
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