Les fondations du Council of black aged community of Montreal (CBAC) sont profondément ancrées dans la communauté afrodescendante anglophone de Montréal depuis 1987.
Le CBAC a pris racine dans l’église Union United Church, située dans l’arrondissement Le Sud-Ouest. Y sont nés de multiples programmes, groupes et associations communautaires à vocations sociales ou de défense des droits des communautés afrodescendantes.
En 1987, Wilfred Browne, Micheal Thomas, Erla Sandiford, Emile Leacock, Richard Lord, Vere Row et Florence Phillips ont ressenti la nécessité de créer un groupe pour pourvoir aux besoins et au bien-être des personnes âgées afrodescendantes.
Après avoir remarqué les inégalités de traitement des membres aînés de leurs communautés par les institutions publiques, les sept fondateurs et fondatrices ont décidé de démarrer une association caritative pour défendre les intérêts et les droits des membres du CBAC.
L’organisme s’est donné comme mission de devenir un espace sûr, en plus d’être un groupe d’entraide, pour briser l’isolement mais aussi offrir du support émotionnel, un soutien administratif, de l’accompagnement-transport médical et des activités sociales, culturelles, éducatives et récréatives.
38 ans plus tard, l’association continue de remplir sa mission. Le membre du conseil d’administration et ancien président du CBAC, Johnson Ariwei, trouve que la présence de CBAC au sein de la société est plus que nécessaire, car la communauté afrodescendante anglophone continue de faire face à beaucoup de difficultés.
« Le besoin est toujours présent, même qu’il s’est aggravé aujourd’hui », assure M. Ariwei dans une entrevue en anglais avec Nouvelles d’Ici. En tant qu’anglophone et dû à son accent, il raconte avoir du mal à se faire comprendre dans les magasins ou les services publics, ce qui engendre beaucoup de frustrations.
Parmi les 300 membres du CBAC, la grande majorité est anglophone. L’organisme fournit d’ailleurs un service d’interprétation et d’accompagnement aux membres qui le nécessitent. Mais, l’association est bel et bien ouverte à tout le monde et offre des classes de conversations en français pour développer l’aisance de ces membres.
Une association qui s’occupe de ses membres
Située au 7401 boulevard Newman à LaSalle, le CBAC s’est établi à l’intérieur du Centre Carnaval depuis 2016. Cependant, l’association est sur le qui-vive et devra quitter son local dans le futur, en raison du projet de démolition et de construction d’un développement mixte de 1 800 logements par l’Arrondissement.
Néanmoins, une ambiance chaleureuse règne dans la pièce derrière les portes pliantes qui les séparent du centre commercial. Quelques femmes discutaient en anglais et tricotaient autour d’une grande table lors de la visite de Nouvelles d’Ici, car tous les vendredis, le CBAC tient son activité d’artisanat.
L’association continue de soutenir les personnes afrodescendantes de plus de 55 ans en leur offrant une multitude d’activités hybrides et en présentiel du lundi au vendredi. Partant du conditionnement physique à de la conversation en français, le CBAC a pour mission de les tenir occupés.
« Nous essayons de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour réduire autant que possible les risques de dépression, d’isolement et de solitude chez nos aînés », affirme la coordinatrice de programmes Hannah Kizito dans une entrevue en anglais avec Nouvelles d’Ici. Le but étant « d’améliorer la qualité de vie des personnes âgées noires, antillaises, caribéennes et anglophones de Montréal », réitère M. Ariwei.
Mme Kizito travaille au sein de l’association depuis maintenant deux ans, mais semble y être depuis bien plus longtemps tant elle entretient une bonne relation avec ses membres. Elle salue chaleureusement chaque personne du groupe des tricoteuses et prend de leur nouvelles.
Le CBAC s’informe aussi régulièrement de l’état de santé de ses membres. Ainsi, l’association mène un programme de contrôle de bien-être. Mme Kizito mentionne que 23 bénévoles investissent de leur temps pour appeler les 300 membres de CBAC afin de prendre des nouvelles de leur santé.
L’association s’assure de veiller aux besoins de ses membres. Que ce soit en s’engageant à rendre visite régulièrement aux personnes âgées dans l’incapacité de se déplacer ou de fournir des repas chauds à travers le programme de popote roulante.
« Tout ce que nous essayons de faire, comme je l’ai dit, c’est de les faire se sentir importants », réitère Mme Kizito. Lorsqu’un membre décède, le règlement administratif du CBAC veille à ce qu’une allocation soit remise à la famille, qu’une présence au service funèbre soit assurée, que la photo de la personne soit affichée sur leur mur de commémoration, et que l’on honore sa mémoire dans le rapport annuel.
Récemment, en collaboration avec le centre D&D 50+ LaSalle, le CBAC a développé un projet commémoratif qui invite leurs membres à documenter l’histoire de leur vie. Mme Kizito appuie que ce projet vise à accorder davantage de reconnaissance à la réussite des personnes aînées afrodescendantes.
C’est pourquoi en l’honneur du Mois de l’histoire des Noirs, CBAC organize une myriade d’activités afin « d’engager une conversation significative sur le rôle de la communauté noire dans notre société. »
Ce 26 février, le CBAC, le centre D&D 50 + LaSalle et le Montreal Caribbean Social Organization (MSCO) invite le public à une soirée de vernissage qui mettra en lumière les talents artistiques et la culture des communautés afrodescendantes.
Les personnes de 55 ans et plus qui souhaitent devenir membre peuvent remplir un formulaire en ligne ou se présenter en personne à leur local.
La photo de couverture a été prise par Myrialine Catule le 7 février 2025.
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