Une nouvelle structure éphémère a fait son apparition la semaine dernière, dans le parc des Madelinots, à Verdun. Appelé Bibliobservatoire vivant, ce pavillon passera tout le mois dans ce parc, avant de déménager sur les berges de Verdun, près de la piste de danse (octobre), et au parc de la Fontaine, à L’Île-des-Sœurs (novembre).
Il y a trois ans, Marie D. Martel et Alice Covatta, professeures agrégées à l’Université de Montréal (UdeM), ont commencé à travailler sur ce projet, qui voulait repenser la bibliothèque du futur. Un an plus tard, l’architecte Ange Sauvage, chargé de formation pratique et doctorant à l’École d’architecture, s’est joint à elles.
Parce qu’ils souhaitaient en faire un projet pour la population, les responsables du Bibliobservatoire ont organisé en février dernier un atelier de co-design ouvert au public, au Quai 5160 à Verdun. Une douzaine de citoyens et citoyennes ont ainsi été invités à concevoir un pavillon inclusif qui pourrait se déplacer dans différents lieux.
Plusieurs éléments suggérés par le public ont été conservés dans le projet final. « Les gens ont parlé beaucoup d’un refuge sans enfermement », dit Marie D. Martel, en entrevue avec Nouvelles d’Ici. « On a pensé à de grandes voiles translucides pour le pavillon. »
Lieu d’accueil et de rencontre

L’idée du Bibliobservatoire vivant était de sortir la bibliothèque de ses murs, de la rendre itinérante et d’en faire un lieu d’accueil et de rencontre, mentionne la professeure.
Sur place, les gens peuvent s’asseoir ensemble ou seuls. « On voulait permettre à la fois la sociabilité, mais aussi le retrait, dit-elle. Il y a la possibilité de reconfigurer l’espace, car le mobilier est modulable. […] Il y a une dimension d’appropriabilité. »
Un croque-livres propose des recueils offerts par les bibliothèques de Verdun. Les gens ont le loisir de les consulter sur place ou de les rapporter avec eux, en échange d’autres bouquins. « Ce sont des livres qui ont été élagués, pour différentes raisons, mentionne Mme Martel. Ils ne sont plus en parfaite condition, mais encore très bons. »
Mobilier conçu à partir de la membrane du Stade olympique
Pour concevoir la structure principale en aluminium, Ange Sauvage s’est inspiré du pavillon fondateur de Verdun, aujourd’hui disparu, qui se trouvait à l’angle de ce qu’est le boulevard LaSalle et la rue de l’Église. C’est à cet endroit, en 1874, que les principaux propriétaires du secteur se sont réunis pour décider de la fondation du Village Saint-Pierre.
« C’est une sorte de pavillon à quatre pans, dit l’architecte. On a intégré cette image un peu poétique du pavillon au sein de la structure. C’est un projet qui a vraiment été pensé pour Verdun. »

Le mobilier urbain a été bâti à partir de la requalification de l’ancienne membrane du toit du Stade olympique. « On sait que les Montréalais ont un attachement encore très particulier au Stade, remarque l’architecte. Cette toiture-là, qu’on ne pouvait jamais toucher et qui a souvent été questionnée, on en a créé un mobilier unique et les gens pourront maintenant s’asseoir dessus et la toucher. »
Le pavillon a été construit pour affronter les caprices de la météo. « Ç’a été fait pour la fin de l’été et l’automne », indique M. Sauvage. La neige ne devrait pas poser problème. « Il faut juste éviter la glace. »
Tous les éléments du pavillon seront ensuite entreposés pour l’hiver à partir du 1er décembre. « C’est éphémère, mais pas jetable », précise Mme Martel.
Collaboration avec l’Arrondissement de Verdun
Le choix d’implanter le Bibliobservatoire vivant à Verdun était tout approprié pour ce projet pilote, car on y retrouve « des milieux de vie qui sont assez différents, avec des réalités, des populations et des rapports aux bibliothèques qui ne sont pas nécessairement les mêmes à travers les différents quartiers », remarque Marie D. Martel.
L’UdeM a bénéficié d’une collaboration « très forte » avec l’Arrondissement de Verdun et les bibliothèques de L’Île-des-Sœurs et Jacqueline-de-Repentigny. « On est très privilégiés d’avoir été accueillis comme ça, dit Mme Martel. C’est un projet qui s’est construit avec les bibliothèques, les partenaires locaux et les citoyens et citoyennes. »
Le projet a bénéficié d’une subvention de 147 000 $, répartis sur trois ans, du Fonds de recherche du Québec pour « appui à la recherche-création ». « Ça comprend toute la recherche préliminaire, l’installation, l’occupation et la recherche après la diffusion », explique Ange Sauvage.
Plusieurs activités pour l’inauguration du 12 septembre
L’inauguration officielle du Biblobservatoire vivant aura lieu samedi, à 18h. Des activités pour différents publics se tiendront toute la journée : l’heure du conte pour les 3 à 6 ans, avec Édith Grosse (10h30), bar créatif avec Studio Crézen (15h30) et spectacle de danse contemporaine, Île, par Valeria Galluccio (19h). D’autres activités s’y dérouleront les prochaines semaines.
Pour l’an prochain, rien n’est confirmé avec le projet. « La question est complètement ouverte sur le destin du Bibliobservatoire, affirme Mme Martel. Il faudra voir s’il y a un intérêt au niveau de l’arrondissement de l’accueillir de nouveau. Ç’a d’abord été pensé pour Verdun. »
Photo couverture du Bibliobservatoire vivant, prise le 4 septembre 2026 au parc des Madelinots de Verdun, par Raphaël Gendron-Martin.
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