Avec la collaboration de Raphaël Gendron-Martin.
Une pétition lancée par le collectif On veut se baigner – Lachine recueille des signatures depuis le 23 juin. Son objectif ? Que la population soit consultée sur un projet de baignade en eau libre dans le lac Saint-Louis. Cette demande de consultation doit recevoir au moins 1941 signatures en 90 jours pour que l’Arrondissement en prenne acte.
Au moment où ces lignes étaient écrites, plus de 450 personnes avaient apposé leur signature sur cette pétition. Marie-Claude Ouellet est l’une d’entre elles. Cette citoyenne âgée de 63 ans, mère de deux enfants, biologiste et journaliste soutient ce projet, car il permettrait, selon elle, de mettre en valeur l’environnement riverain de Lachine.

Elle espère que la consultation publique aura lieu parce que « ce serait une façon de laisser la démocratie décider et non pas une seule personne avec son équipe, sans consulter les gens ». La mairesse de Lachine, Julie Pascale Provost, affirme que, si la consultation devait avoir lieu, elle coûterait plus de 120 000 $.
Également signataire de la pétition, Julia, une résidente de Lachine de 43 ans, répond à cela que « la baignade dans le fleuve est un projet important pour de nombreux citoyens de Lachine, et il [lui] semble normal de leur donner la possibilité de s’exprimer ». La citoyenne estime que l’accès à l’eau est un droit pour tous, et que se baigner est agréable en période de chaleur.
Le conseiller d’arrondissement du district Fort-Rolland issu du parti Projet Montréal, Jacques Filion, est d’accord avec la démarche citoyenne, d’autant plus que les étés sont de plus en plus chauds et que des restrictions d’eau sont imposées à Lachine, relève-t-il.
Mathieu Lacombe, administrateur de la page Facebook de l’organisme On veut se baigner – Lachine, dit que la consultation ne serait nécessaire que si l’Arrondissement refusait d’aller de l’avant avec le projet. « Si l’Arrondissement décidait finalement de réaliser la baignade en eau libre telle qu’elle était déjà planifiée et autorisée, il n’y aurait tout simplement pas de consultation à organiser. »
Un projet pour tout le monde ?
En entrevue avec Nouvelles d’Ici, la mairesse de Lachine, Julie-Pascale Provost dit ne nier pas l’intérêt de certains pour ce projet, mais elle rapporte que, sitôt que l’on s’éloigne du secteur concerné, les priorités des citoyennes et des citoyens changent. À titre d’exemple, elle affirme qu’ils se préoccupent plutôt de l’éclairage, du nettoyage des rues ou des punaises de lit.
La mairesse de Lachine relève qu’en raison de la profondeur de l’eau, seuls les nageurs et les nageuses expérimentés pourront se baigner dans la piscine en eaux libres. Elle sera difficilement accessible aux enfants et aux personnes âgées, soutient-elle. Plus de 120 000 $ pour une consultation, c’est beaucoup d’argent à dépenser, selon elle, compte tenu du nombre de personnes qui pourront ou qui ont l’intention d’utiliser la baignade en eaux libres.
« Je pense qu’il n’y a jamais personne qui a dit que c’était fait pour tout le monde », dit pour sa part M. Filion. Il ajoute que, bien que la baignade ne soit pas faite pour certaines personnes, elle sera sécurisée par des quais et surveillée par une équipe de sauvetage. Cela fait « toute la différence », selon lui, par rapport à l’état actuel des choses, où les gens se baignent partout à Lachine sans surveillance. Il décrit aussi que le site proposé possède très peu de courants, qui peuvent être dangereux.
Pendant les mandats de Maja Vodanović, ex-mairesse de Lachine, la Ville de Montréal avait fermé la marina de Lachine en prévision, notamment, de la mise en place de cette éventuelle piscine en eau libre, entraînant la fin de la circulation des bâteaux de plaisance sur le site. Mme Provost, qui était conseillère d’arrondissement jusqu’en 2021, reproche à l’administration précédente d’avoir « exproprié » les plus de 400 plaisanciers qui y étaient présents.
Dans le cas d’une demande de droit d’initiative, la mairesse ne serait pas tenue de respecter les conclusions de la consultation, si elle devait avoir lieu. « Je suis toujours à l’écoute de mes concitoyens », déclare toutefois Mme Provost, en ajoutant qu’elle prendra en considération les résultats de cette consultation.
La photo de couverture est une photo d’archive du 1er juillet 2021. Crédit photo : Valerius
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