À gauche, Samuel Rancourt et, à droite, Caroline Boivin. Toiles peintes par Samuel Rancourt.
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Artiste verdunois, Samuel Rancourt transforme une peine amoureuse en un cri de joie

Article mis à jour le 9 juillet 2026. Les Grands Ballets canadiens de Montréal n’ont pas dansé dans le vidéoclip de Futur Zéro, mais dans celui de Tika Tika Tak, l’autre chanson de Samuel Rancourt.

Samuel Rancourt, résident de L’Île-des-Sœurs, vit une peine amoureuse en décembre 2025. Il se met à écrire sur son journal intime ce qui servira d’ébauche pour les paroles de Futur Zéro, sa nouvelle chanson pop joyeuse et estivale. Son vidéoclip, sorti le 22 juin dernier, met en scène les toiles de cet artiste verdunois prenant d’assaut la ville de Montréal.

Chez Samuel Rancourt, les murs recouverts de portraits scrutent les visiteurs. La table à manger devient l’endroit où les toiles se reposent. Et, offrant une vue imprenable sur le fleuve Saint-Laurent, un solarium converti en atelier sert de sanctuaire où se déploie l’imaginaire de l’artiste.  

C’est la grand-mère de M. Rancourt qui l’a initié à la peinture. « Elle aimait les clowns », raconte l’artiste. Il se rappelle être allé dans son atelier, d’avoir vu des clowns et des personnages, ce qui l’a encouragé à faire des portraits, lui aussi.

Être bien entouré, un remède contre la déception amoureuse

Futur Zéro se veut un projet « rassembleur », selon M. Rancourt. Ce sont près de 80 personnes qui ont pris part au vidéoclip, en comptant les personnes devant et derrière la caméra, avance-t-il. 

Bien qu’il y ait eu trois tournages – dans la demeure de Samuel Rancourt à L’Île-des-Sœurs, sous le pont Samuel-de-Champlain et au Vieux-Port de Montréal – l’artiste a lancé un appel à tous sur ses réseaux sociaux. Il a reçu des vidéos verticales incluses dans le vidéoclip provenant de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, du Manitoba, du Nouveau-Brunswick, et même du Japon et de la France.

« J’ai une madame qui a plus de 80 ans dans la vidéo, puis on a des bébés, des enfants, des parents, des chiens, des chats, du monde de différentes morphologies, de différentes origines, de différentes orientations sexuelles… Je veux vraiment que ce soit un vidéoclip où chaque personne puisse un tant soit peu se reconnaître », soutient-il.

Comment est-ce qu’un moment difficile a pu servir d’inspiration pour une production aussi optimiste? Après sa peine amoureuse, M. Rancourt a ressenti le besoin de se faire entourer. « J’ai plein d’amis puis ma famille qui ont été disponibles, puis je me suis dit : “Wow, c’est tellement important d’avoir une communauté.” » Bien que les paroles de la chanson soient tristes, la chanson est joyeuse parce que « finalement, on passe au travers », souligne M. Rancourt.

Le solarium dans la demeure de Samuel Rancourt a été converti en atelier.
Le solarium dans la demeure de Samuel Rancourt a été converti en atelier. – Crédit photo : Théo Bou Eid

Pour ce projet, Samuel Rancourt et son entourage sont sortis de leur zone de confort. Artiste multidisciplinaire, M. Rancourt est peintre et comédien, mais n’a pas de formation musicale. Il a bénéficié de l’aide de Fred Harding pour filmer le vidéoclip, bien qu’il soit à la base documentariste. Quant à Caroline Boivin, la productrice à qui il a fait appel, elle n’a pas l’habitude de produire de la musique pop, mais plutôt de l’électro.

Mme Boivin gère sa propre compagnie de production, Studio Éther Musique. Elle aussi a vécu une séparation lorsque M. Rancourt l’a sollicitée. Elle a choisi d’embarquer avec lui dans le projet, car elle trouvait que le texte était bien fait et la chanson, accrocheuse. « Ça donnait de l’espoir », pense-t-elle.

Pour elle, l’échéancier pour la sortie de la chanson était un défi de taille. « C’est une chanson d’été », précise Mme Boivin. Il fallait que le vidéoclip sorte à temps pour la saison estivale.

Dans le vidéoclip, on peut apercevoir l’artiste couvert de maquillage coloré. Solange Paradis, qui a effectué le maquillage, décrit que c’est comme si M. Rancourt se transformait lui-même en toile. Elle dit avoir pris plaisir à prendre part au projet. « Samuel, il a une énergie, il a un dynamisme. On a le goût d’embarquer dans ses affaires », avance Mme Paradis.

Créer pour plaire ou car ça nous plaît?

Pour sa part, Samuel Rancourt avait peur de la façon dont sa chanson allait être reçue, de « lancer ça dans l’univers » et que « personne ne soit touché ». Toutefois, il estime que les meilleurs moments qu’il a vécus quand il créait ses toiles, c’est lorsqu’il s’est « complètement foutu de ce que le monde allait penser ». 

Sur toutes les plateformes confondues, le vidéoclip de Futur Zéro a été visionné plus de 100 000 fois. Si 100 personnes d’entre elles ont un sourire aux lèvres, découvrent Studio Éther Musique ou s’intéressent aux toiles, « c’est vraiment le fun, croit M. Rancourt. Mais il ne faut pas que ce soit juste ça, l’objectif. Parce que je pense que c’est là qu’on peut être facilement déçu ».

La photo de couverture montrant Samuel Rancourt (à gauche) et Caroline Boivin (à droite) a été prise par Théo Bou Eid le 3 juillet 2026. Toiles peintes par Samuel Rancourt.


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Théo Bou Eid
Résident de Verdun depuis 2021 et diplômé du baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Théo Bou Eid couvre l'actualité locale pour Nouvelles d'Ici. Il a collaboré en tant que reporter avec le journal Montréal Campus et la station de radio CHOQ.ca. Il a aussi été correcteur d’articles pour le magazine L’Apostrophe. Le journalisme était le choix de carrière évident pour lui, curieux de nature et passionné d’écriture. Théo suit également des cours de piano classique à la Coopérative des professeurs de musique de Montréal, et rêve de se produire sur scène avec un orchestre.