Cet érable de Norvège est condamné
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Arbres urbains de LaSalle: coupés, mais avec rigueur

Avez-vous avez remarqué plusieurs arbres avec un ruban bleu autour de leur tronc en vous promenant au parc des Rapides ?

Ces rubans indiquent que ces arbres ont été inspectés et qu’ils sont en bonne santé. Pour d’autres malheureusement, une affichette accrochée à leur tronc nous informe de leur abattage imminent.

Pourquoi condamner tous ces arbres ?

Dans la plupart des cas, c’est une “maladie irréversible” qui est invoquée pour expliquer ce verdict sans appel.

Si les branches mortes et le maigre feuillage montrent les signes évidents de la maladie pour certains arbres, le diagnostic est moins clair pour d’autres.

À voir le graffiti sur l’affichette accrochée au tronc d’un érable de Norvège, entre le terrain de volley-ball de plage et le petit lac, l’abattage de cet arbre au feuillage bien garni suscite un certain scepticisme parmi les promeneurs du parc des Rapides.

Cet érable est atteint d'une maladie irreversible - bullshit !
Cet érable est atteint d’une maladie irreversible ?
Crédit photo : Karine Joly

Comment se fait donc l’évaluation des arbres ?

À LaSalle, la division Voiries et Parcs est responsable de l’évaluation de la santé des arbres du domaine public. “L’évaluation de la santé des arbres se fait de façon rigoureuse, par notre équipe de spécialistes en foresterie, en arboriculture, en biologie et en agronomie”, explique Andrew Stein, agent de recherche et arboriculteur certifié de l’arrondissement de LaSalle.

Dans le cadre du programme d’élagage cyclique débuté en 2018, les 25 000 arbres du domaine public lasallois ont fait l’objet d’un examen visuel, plus ou moins approfondi.

Des motifs valables prévus au règlement de zonage doivent être rencontrés pour pouvoir abattre un arbre public ou privé. Un permis émis sur la base d’une étude par un expert en arboriculture est nécessaire et l’abattage peut s’étendre sur toute l’année, en fonction de l’urgence de la situation.

De quelle maladie le bel érable de Norvège du parc des Rapides souffre-t-il ?

“Le feuillage n’est qu’un des critères d’évaluation de la santé d’un arbre. Cet érable est atteint du chancre eutypelléen,” révèle Andrew Stein. Cette nécrose due à un champignon affecte surtout cette espèce. Elle peut aussi se propager aux autres érables à proximité.

L’affichette au tour des arbres condamnés précise aussi qu’un nouvel arbre sera planté “si les conditions le permettent”.

“Cette mise en garde concerne surtout les arbres de rue, pour des raisons de sécurité ou d’infrastructures”, ajoute M. Stein. Dans certains de ces cas, il n’est pas toujours souhaitable ou sécuritaire de remplacer un arbre par un autre exactement au même endroit.

Replanter le bon arbre au bon endroit à LaSalle

Au parc des Rapides et ailleurs, les arbres sont toujours remplacés selon le principe du “bon arbre au bon endroit”, en fonction de plusieurs critères dont la biodiversité. Ce critère est très important pour “soutenir la résilience de notre forêt urbaine face aux nombreux agresseurs autant climatiques que pathologiques et entomologiques”, rappelle Nathalie Arcand, agente technique en horticulture et arboriculture à LaSalle, dans un courriel.

S’il n’est jamais plaisant de voir disparaître certains arbres de notre environnement, il est réconfortant de mieux comprendre les raisons derrière ces décisions.

Les arbres urbains nous apportent de nombreux bienfaits. En plus de purifier l’air, ils procurent ombre et fraîcheur. Ils contribuent aussi à notre bien-être et notre santé mentale. Leur seule présence calme l’esprit et diminue le niveau de stress. Quelque chose dont nous avons tous bien besoin en ces temps de pandémie !

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Céline Belzile
Résidente du Bronx depuis 20 ans, Céline et son mari Claude y ont élevé leurs deux garçons. Biologiste et spécialiste en environnement de formation, Céline a travaillé pour Hydro-Québec pendant 25 ans, à titre de chargée de projets et gestionnaire. Elle a siégé sur plusieurs panels lors de consultations publiques de grands projets hydroélectriques. Elle considère que la participation citoyenne et la communication sont au cœur du dynamisme d'un quartier.