Philippe Lavalée dans son potager de Riverside à LaSalle
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Agriculture urbaine à LaSalle : le potager extraordinaire de Philippe Lavallée

La pandémie a renforcé les croyances dans le local et l’autonomie alimentaire d’un grand nombre. Comme beaucoup d’autres citadines et citadins, Philippe Lavallée s’est converti à l’art du jardinage.

Le résident de LaSalle a plusieurs casquettes. Outre son emploi d’ingénieur, il est instructeur de kayak. C’était presqu’une évidence pour ce résident du quartier de Riverside qui s’est aussi découvert une passion récente pour le jardinage. L’occasion faisant le larron, c’est au début de la pandémie que M. Lavallée s’est mis à étudier via Internet l’art de créer et de cultiver durablement un jardin. Et il a vite appris.

Après fleuves et rivières, le voilà embarqué dans l’aventure de la terre nourricière et de la culture vivrière, une culture destinée à une consommation personnelle et non à l’agriculture commerciale.

Des fruits et légumes plutôt que du gazon à tondre

Le potager de Riverside à LaSalle
Le potager de Riverside à LaSalle – Crédit photo : Davide Buscemi

À l’origine, à l’emplacement de son jardin situé en cour avant, il y avait du gazon que le LaSallois rechignait à entretenir. Deux gros arbres s’y dressaient également. Le gazon requiert du temps et beaucoup d’eau avec, en contrepartie, un bénéfice limité. Le choix de cultiver des légumes et quelques fruits s’est imposé comme une manière de joindre l’utile à l’agréable : en finir avec le gazon.

Après quelques gros travaux paysagistes de déracinement, de terrassement, de dallage et une vérification effectuée auprès de l’arrondissement de LaSalle concernant la dimension de la marge avant, l’aventure horticole a pu débuter. Le coût total pour le jardin s’est élevé à quelques milliers de dollars.

Le jardinier amateur est souvent épaulé, comme c’est le cas en ce moment, par des wwoofers. Ces personnes travaillent gratuitement pendant leurs vacances dans une ferme biologique en échange du gîte et du couvert.

Cultiver la diversité dans ce potager à LaSalle

Philippe Lavallée avec des légumes de son potager
Philippe Lavallée avec des légumes de son potager – Crédit photo : Maxime Pittet

Le jardinier de Riverside cultive la diversité dans son potager : tomates, carottes, chou kale, bette à carde, brocoli, chou fleur, radis daikon et autres piments, haricots, concombres ainsi que quelques plantes aromatiques (thym, sauge, basilic). 

Pour assurer annuellement la culture, il faut planter les semis. Un art que maîtrise maintenant M. Lavallée puisqu’il a donné un atelier sur le sujet lors de la 1ère Journée d’agriculture urbaine à LaSalle. En ce moment, Adèle, l’une de ses woofers, a de bonnes connaissances horticoles et apporte son soutien.

Il y a aussi quelques fruits dans ce petit éden laSallois.

 “Mon plus grand succès, ce sont les plants de bleuets. C’est incroyable ! J’en ai cueilli une dizaine de kilos”, se félicite-t-il. Les plants de bleuets, qui lui ont coûté 25$ (pour un plant de 3 ans d’âge) et 35$ (pour un plant de 5 ans d’âge), ont nécessité beaucoup de temps et d’argent pour toute la mise en place : l’entretien (tourbe, farine d’os), la main d’oeuvre réalisée par des professionnels et le temps de maturation.

Mais c’est un bon retour sur investissement à terme, chaque plant produisant environ 7 kg de ces petits fruits délicatement acidulés. 

Sur l’aile latérale du jardin, une partie du terrain qui appartient à l’arrondissement à côté de sa maison, quelques amélanchiers tendent leurs branches et leurs succulentes baies rouges aux observateurs curieux. Des framboisiers seront ajoutés ultérieurement en plus de ceux ornant déjà son jardin central. Il aimerait plus de fruits, notamment des fraises.

Du potager à la table : le circuit alimentaire le plus court

L’avantage d’avoir son propre jardin, c’est le circuit court.

Par exemple, dans les épiceries d’ici, l’ail québécois se fait assez rare. En règle générale, c’est de la marchandise importée d’Espagne, d’Argentine voire de Chine que l’on peut trouver dans les rayons. Tel est l’intérêt de cultiver son propre lopin de terre : aucun intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Le circuit le plus court qui soit.

La vision à long terme de Philippe Lavallée pour ce jardin est qu’il puisse également nourrir ses hôtes visiteurs : des personnes à la fois passionnées de kayak (dont la formation serait à parfaire) et intéressées par le wwoofing. 

En phase avec la nature, le jardinier de Riverside veut poursuivre ce fil continu entre eaux vives et terres vivrières.

La photo de Philippe Lavallée dans son potager de Riverside en haut de cet article a été prise par Maxime Pittet.

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Davide Buscemi, Initiative de journalisme local
Davide a couvert les affaires municipales et civiques pour Nouvelles d’Ici dans le cadre de l'Initiative de journalisme local de juillet à septembre 2022, à son départ. Il est venu à Montréal il y a quelques années pour étudier le journalisme et a choisi d'y immigrer. Diplômé de l'Université de Montréal, Davide a signé des articles pour le journal local Info Petite Nation du groupe Inmedia, l'AFP, Quartier Libre, Night Life et Électricité Plus. Passionné des mots et curieux du monde qui l’entoure, il n'a pas fait le choix du journalisme par hasard.