Panel constitué d'une experte et deux experts sur les relations Afrique-Canada. Crédit Photo: Nihel Barkati
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2e édition d’AFRICONNEXION à Verdun : soutenir l’entrepreneuriat d’ici et d’ailleurs

La deuxième édition de la série de conférences AFRICONNEXION, organisée par Chantier d’Afrique du Canada (CHAFRIC), s’est déroulée dans les locaux de SPACIAL, un espace de travail partagé sur la rue Wellington à Verdun. Cette conférence a eu lieu le 30 juin dernier avec la contribution d’un panel constitué de trois personnes expertes des relations Afrique-Canada. 

Le but de cette série-conférence est de donner à la diaspora africaine un accès direct à des ressources, un réseau de contacts et une place stratégique dans le développement et la relation économique entre le Canada et l’Afrique. 

C’est la conseillère en entrepreneuriat et coordonnatrice générale du Symposium International des Femmes Afro Entrepreneures, Dorcas J. Daniels, qui lancé la conférence en utilisant un langage métaphorique militaire. Elle a ainsi mentionné « l’offensive » américaine, les tarifs douaniers. Selon Mme Daniels, l’utilisation de la stratégie Canada-Afrique serait « l’arme la plus puissante de l’arsenal des missiles économiques [du Canada] » dans cette « guerre » économique. Cette collaboration sert à reprendre l’initiative et bâtir de nouvelles alliances décisives.

Le panel était composé de la coordonnatrice résidente des Nations-Unies au Sénégal, Aminata Maïga, le consultant et expert en développement de marchés, Badara Diouf Niasse et le professeur adjoint en gestion stratégique à l’Université McGill, Ph.D. Anicet Fangwa Nantcho.

Pour entreprendre, une « décolonisation mentale » est nécessaire 

Sans tarder, la discussion a mis le cap sur des enjeux culturels. Le professeur Nantcho a abordé le concept de la « black tax », un terme utilisé pour définir le soutien financier qu’une personne afro-descendante doit apporter à sa famille élargie.

Ce soutien, souvent perçu comme une obligation, finit par rendre difficile l’insertion économique locale de jeunes étudiants et étudiantes internationales de la diaspora récemment diplomés, selon l’expert.  « Lorsqu’un parent envoie son enfant à l’étranger pour faire ses études, il va attendre un retour sur son investissement », a-t-il souligné. C’est l’une des raisons qui pousseraient ces jeunes afro-descendants à privilégier la stabilité du travail salarié. « Culturellement, c’est très difficile de dire à quelqu’un : “Non. Ne prends pas soin de ta famille, va te lancer dans trois ans d’incertitude [avec l’entrepreneuriat]”. »

Néanmoins, un changement peut s’opérer avec les immigrants et immigrantes de deuxième génération, explique le professeur. Possédant un meilleur enracinement au Québec, cette génération est mieux outillée pour faire de l’entrepreneuriat puisqu’elle est conscientisée aux défis et aux opportunités offertes par la création d’entreprise.

L’idée d’entrepreneuriat d’opportunité, abondamment discutée lors de la conférence, a été présentée comme un levier puissant, consistant à repérer un créneau dans l’écosystème local et à y investir énergie et ressources.

« La sensibilisation à l’entrepreneuriat est la voie obligatoire pour créer des entrepreneurs qui feront le pont avec le Canada et l’Afrique », soutient Mme Daniels.

Verdun, porte vers des aspirations transatlantiques

Entrée de l'espace SPACIAL sur la rue Wellington. Crédit Photo: Nihel Barkati
Entrée de l’espace SPACIAL sur la rue Wellington. Crédit Photo – Nihel Barkati

Les échanges lors de la conférence du 30 juin ont permis de souligner la nécessité pour la diaspora africaine de s’organiser localement afin de pouvoir rayonner globalement. Selon Mme Maïga, « il y a une place à prendre [et] il faut savoir la prendre ». La coordonnatrice des Nations-Unies a rappelé l’importance d’utiliser des services d’organisations comme Chantier d’Afrique du Canada, pour mettre sur pied un plan entrepreneurial solide. 

CHAFRIC, bien ancré à Verdun, avait réuni un auditoire d’une vingtaine de personnes concernées et soucieuses de bâtir des ponts entre Montréal et l’Afrique, indiquant que le développement économique et la solidarité internationale peuvent prendre vie dans les quartiers montréalais.

La photo de couverture a été prise par Nihel Barkati le 30 juin 2025.


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Nihel Barkati
Résidente de Ville-Émard, Nihel Barkati est diplômée en journalisme multimédia du Cégep André-Laurendeau. Lauréate d’une bourse de reconnaissance pour l’excellence de son dossier scolaire en 2025, elle aspire à faire carrière en journalisme. À l’automne 2026, elle poursuivra sa formation à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), où elle entreprendra un baccalauréat en journalisme. Également autrice-compositrice à ses heures, elle nourrit une passion profonde pour l’écriture et la musique. Curieuse de nature, elle s’intéresse autant aux grands enjeux qu’aux sujets du quotidien que l’on remarque rarement. Pour Nihel Barkati, chaque personne, chaque lieu et chaque événement recèlent une histoire qui mérite d’être racontée.