Le premier cours de français au cégep suscite-t-il l’intérêt, la curiosité… ou l’anxiété chez les nouvelles étudiantes et nouveaux étudiants ?
Catherine Arvisais-Castonguay, enseignante au département de français et littérature du Cégep André-Laurendeau depuis une quinzaine d’années, s’est penchée sur la question. Sensible aux défis associés à cette première expérience en français, elle mène actuellement un projet de recherche financé par le Programme d’aide à la recherche sur l’enseignement et l’apprentissage (PAREA) du ministère de l’Enseignement supérieur. Son objectif : mieux comprendre comment rendre ce cours plus positif et accessible.
L’idée de cette recherche est née d’une simple discussion entre collègues : « Mais qu’en pensent nos étudiantes et étudiants, vraiment, de ce premier cours de littérature ? »
Intriguée, l’équipe a soumis une première demande de subvention en 2021. Refusée. Deux ans plus tard, avec l’appui du Bureau de la recherche et de l’innovation du cégep, la demande est reformulée et reçoit enfin un accord.
Avant ce projet, Catherine avait déjà participé à deux autres recherches, dont l’une portait sur l’approche ELLAC, visant à enseigner la littérature autrement en impliquant davantage les étudiantes et étudiants. « Ça m’a beaucoup influencée. Ça a aussi démystifié le travail de recherche ! », raconte-t-elle.

Ce que la recherche change dans sa manière d’enseigner
Les activités de recherche l’ont amenée à revoir plusieurs pratiques.
Selon elle, les étudiantes et étudiants proposent souvent des idées simples, mais très efficaces :
- choisir leur œuvre parmi quelques suggestions ;
- discuter en petits groupes de leurs lectures ;
- écrire et réfléchir ensemble, parfois même au tableau ;
- obtenir une rétroaction plus régulière.
Des résultats préliminaires rassurants
La recherche se terminera en juin 2026, mais certains constats émergent déjà.
« Je suis vraiment rassurée et contente : les étudiantes et étudiants ont une perception beaucoup plus positive du premier cours de littérature qu’on ne le croit ! »
Dans les médias, on parle souvent du niveau de français, de l’épreuve uniforme ou des difficultés générales. Pourtant, selon les données recueillies, plusieurs d’entre eux voient ce cours comme une occasion :
- d’acquérir une meilleure culture générale ;
- d’améliorer leur communication orale et écrite ;
- de se sentir bien préparés grâce à l’organisation du personnel enseignant.
Une équipe étudiante engagée
Catherine tient aussi à souligner la contribution essentielle des assistantes de recherche, étudiantes embauchées dans le cadre du projet. Elles participent à toutes les étapes : collecte de données, analyses, diffusion des résultats.
« Leur soutien est précieux et leur regard étudiant apporte énormément au projet », ajoute-t-elle.
Et après ?
À la fin du projet, l’enseignante prévoit diffuser les résultats dans différents contextes, notamment dans la revue Pédagogie collégiale, lors de congrès et au sein même de son département. Elle souhaite aussi rester active dans d’autres projets de recherche — et peut-être même donner une suite à celui-ci.
Cette publication Partenaires d’Ici a été rédigée par le Service des communications du Cégep André-Laurendeau.
Les photos illustrant cette chronique ont été fournies par le Cégep André-Laurendeau.
