Vendredi 18 octobre au 8700 rue Hardy à LaSalle, vingt-quatre enfants ont construit des modèles Lego pas comme les autres. Ces constructions sont des robots, auxquels les jeunes donnent vie en apprenant à faire du code informatique dans le cadre d’une activité du Centre multiculturel de ressources de LaSalle (CMRL).
« Comme l’activité est gratuite, c’est une belle opportunité pour la communauté », soutient Azeez Gatta, le père de trois enfants inscrits aux ateliers du CMRL. Elle familiarise les enfants avec l’idée de devenir ingénieur, tout en s’amusant. Le résident de LaSalle, œuvrant dans le secteur de la santé, aurait souhaité avoir eu l’opportunité de participer à une telle activité durant son enfance.
Grâce au soutien de Patrimoine canadien, le CMRL s’est procuré des ensembles éducatifs SPIKE de la marque Lego, aussi intrigants que dispendieux. Aux blocs colorés iconiques de la marque danoise, s’ajoutent des pièces électroniques avec des rôles distincts et précis.
![Jeune femme inscrit au tableau un programme d'enseignement informatique,](https://nouvellesdici.com/wp-content/uploads/2024/10/LMRC-Atelier-Preparation-Catina-Beaulieu-1024x576.jpg)
Moteurs, capteurs gyroscopiques, blocs d’envoi de messages : ce sont là quelques-uns des jouets qui servent à vulgariser la Science, la Technologie, l’Ingénierie, et les Mathématiques (STIM), en incluant les Arts. Ces pièces complètent leur fonction grâce à un code informatique simplifié que l’enfant apprend, inscrit et ajuste sur une application mobile.
Pas uniquement des modèles robotiques
Les deux groupes d’enfants de six à huit ans et de neuf à treize ans ne sont pas exclusivement composés de résidents et résidentes de LaSalle. Dans une démarche inclusive, les personnes issues de toutes les communautés sont les bienvenues.
Les sept adultes qui animent ces ateliers de robotique sont tous issues des communautés afrodescendantes du pays. Ce n’est pas un hasard. L’objectif du CMRL est également d’inspirer la future génération de ces communautés à poursuivre une éducation dans les domaines des STIM où elles tendent à être sous-représentées.
« Pour réduire cette disparité, nous voulons que les enfants se voient représentés, pour qu’ils se disent: “Oh ! Si d’autres l’ont fait, je peux le faire aussi !” », avance la directrice du projet et détentrice d’une maîtrise en travail social, Gloria Ann Cozier.
La série de six ateliers a vu le jour en faisant partie d’un projet de recherche plus large. Son but est d’identifier les inégalités dans le système éducatif qui engendrent la faible présence des communautés afrodescendantes dans les disciplines des STIM, mais aussi de trouver des solutions que le milieu communautaire peut mettre en œuvre.
![Dans une salle de classe, un jeune homme observe un garçon manipuler un Lego robotique.](https://nouvellesdici.com/wp-content/uploads/2024/10/LMRC-Matteo-Khael-Sensei-et-padawan-1024x576.jpg)
La professeure adjointe à la Faculté d’Éducation de l’Université d’Ottawa, Lerona Dana Lewis, dirige cette recherche, avec l’aide de l’assistant et doctorant Felipe Mendez, qui coordonne le tout sur le terrain.
Étudiant au baccalauréat en informatique à l’Université de Montréal et membre de l’équipe d’animation, Mattéo Mondestin s’amuse à tempérer l’ardeur des petits qui, par défaut, donnent des instructions extrêmes aux robots dans leur code informatique.
« Je vois sur leurs visages les mêmes expressions que j’ai eues quand j’avais leur âge », affirme le jeune homme originaire d’Haïti. Sa mère programmait pour le plaisir pendant son temps libre. Tout comme sa grand-mère.