Dans les années 1990, la jeune Caroline était attirée par les cours de sciences, en particulier, la biologie. À l’époque, alors que le clonage de la brebis Dolly était sur toutes les lèvres, les enjeux scientifiques du moment ont piqué sa curiosité. L’aspect concret des cours en laboratoire, ainsi que des manipulations d’instruments, l’attirait. « Il faut en profiter pendant qu’on est aux études ! », rigole-t-elle, évoquant le plaisir qu’elle éprouvait, étant étudiante, à manier éprouvettes et produits, et la chance d’avoir accès à cet équipement de pointe directement à l’école.
Toutefois, à ses débuts sur le marché du travail, Caroline aboutit dans une entreprise pharmaceutique privée, un emploi qui ne répond pas à ses attentes. L’aspect routinier l’ennuie. Elle aspire à une plus grande autonomie dans la prise de décisions scientifiques.
Ce constat fait, elle se tourne vers l’enseignement collégial pendant son microprogramme en enseignement postsecondaire. Voulant poursuivre plus loin, elle s’inscrit au DESS. Pendant ce dernier, elle goûte à la recherche par un court travail sur la diversité culturelle en classe. Puis, elle poursuit au doctorat.
Le parcours de Caroline est teinté de la volonté de rendre les sciences plus concrètes pour les jeunes, mais aussi pour le grand public. Elle s’intéresse, dans son doctorat et dans un projet qui en découlera, au raisonnement scientifique chez les étudiants. Imaginer une molécule, qui est invisible à l’œil nu, en trois dimensions, et prédire son comportement s’avère un exercice abstrait, pouvant être difficile. La communication orale et le “sens du spectacle” en vulgarisation des sciences a fait l’objet d’une autre de ses recherches.

Présentement, Caroline fait de la recherche sur les pratiques alternatives de notation (PAN). Avec trois collègues du département de chimie du Cégep André-Laurendeau, où elle enseigne maintenant, elle mène une recherche sur les meilleures pratiques d’implantation de nouvelles façons d’évaluer les apprentissages effectués par les étudiants au collégial, au-delà des traditionnelles notes chiffrées. En d’autres mots, donner le droit aux étudiants de se tromper. Revenir à la base, puisqu’après tout, les étudiants sont au cégep pour apprendre, non? “Il y a eu un mouvement de fond [autour des PAN] depuis le début des années 2020 en Amérique du Nord”, s’enthousiasme-t-elle, mais de nombreux enseignants du réseau collégial ne sont pas outillés pour les mettre en pratique.
Cet engouement a fait des petits : Caroline et son équipe ont créé une communauté de pratique en lien avec les PAN, et sont sollicités un peu partout pour donner des ateliers dans des cégeps et des événements, dont l’incontournable congrès de l’Association québécoise de pédagogie collégiale (AQPC), qui s’est déroulé en juin à Québec.
Quels sont ses prochains projets ? Venant tout juste de terminer la rédaction de trois manuels de chimie, Caroline poursuit ses recherches sur les PAN : “La science se construit par des mauvaises intuitions, des chemins tortueux”, rappelle-elle. Elle poursuivra la diffusion de ses recherches au cégep André-Laurendeau, mais aussi dans la communauté, afin d’influencer les pratiques d’enseignement. Lauréate de nombreux prix, Caroline est également chroniqueuse à Moteur de recherche (ICI Première). Finalement, elle travaille à des initiatives pour créer des ponts entre les enseignants et la recherche, dans le cadre d’un projet de “chercheuse en résidence” au cégep
Cette publication Partenaires d’Ici a été rédigée par le Service des communications du Cégep André-Laurendeau en collaboration avec le bureau de la Recherche et de l’Innovation.
Les photos illustrant cette chronique ont été fournies par le Cégep André-Laurendeau.
