Andréane Sabourin-Laflamme et Frédérick Bruneault sont deux enseignants-chercheurs en philosophie au Cégep André-Laurendeau. Impliqués dans la recherche en éthique de l’intelligence artificielle, les travaux de ce duo sont plus que jamais d’actualité.
Dès 2022, les outils d’intelligence artificielle, tels que ChatGPT, ont révolutionné le monde de l’éducation, mais aussi la vie quotidienne. Comment assurer un encadrement adéquat de leur utilisation tout en préservant l’intégrité académique? Frédérick et Andréane avaient déjà une longueur d’avance sur ces questions.
Une collaboration qui évolue
Embauchés au Cégep André-Laurendeau à la même période, leur collaboration a débuté par des échanges autour d’intérêts professionnels communs, comme l’évolution de l’être humain et son rapport à la machine et au numérique. Vers 2017 ou 2018, ils ont commencé à s’intéresser à l’éthique de l’IA. À l’époque, il existait encore peu de réflexions concrètes sur le sujet.
Plusieurs projets ont suivi : un retour aux études pour Frédérick, une nomination comme professeur associé à l’UQAM et l’obtention de subventions de recherche. Andréane a, pour sa part, entrepris un doctorat en droit à l’Université de Sherbrooke.
De la réflexion à l’action
Paradoxalement, la pandémie de 2020 a représenté une opportunité pour eux : « Tout était rendu en ligne! On devait rester chez nous; il fallait trouver un sens. » Ils se sont formés à l’approche Z-Inspection pour évaluer l’éthique de l’IA, ont développé leur présence sur les réseaux sociaux et, de fil en aiguille, ont bâti un réseau de contacts internationaux : « Cela nourrit grandement nos réflexions. » Finalement, ils ont fondé le LEN.IA, le Laboratoire d’éthique du numérique et de l’IA, affilié au Cégep André-Laurendeau.
Parmi leurs réalisations marquantes figurent la production d’un référentiel de compétences sur l’enseignement de l’éthique de l’intelligence artificielle, une publication dans la revue AI and Society, ainsi que des chapitres d’ouvrages collectifs avec des membres du corps professoral de l’UQAM.
Les travaux de Frédérick et Andréane ont eu un impact considérable dans le réseau collégial. « On nous en parle souvent! » Leurs outils sont utilisés par le personnel enseignant d’autres cégeps, et le duo est régulièrement sollicité pour offrir des formations dans les milieux collégial et universitaire. Leur affiliation à l’OBVIA leur permet également de mener des activités de recherche, de consultation et de formation en éthique de l’IA auprès de nombreuses organisations.
Leurs connaissances ont aussi contribué à enrichir leurs cours respectifs et à créer un cours complémentaire, offert depuis trois ans au Cégep André-Laurendeau : IA – l’être humain en transformation.
Un rayonnement qui dépasse les frontières
Depuis, l’équipe a eu l’occasion de sortir du mode virtuel et de parcourir le monde : États-Unis, plusieurs pays d’Europe, Égypte, etc. « Je voyais les pyramides de ma chambre d’hôtel! », se souvient Frédérick. Au-delà des souvenirs et des partenariats internationaux développés, l’équipe souligne avoir été marquée par le rapport à la technologie dans d’autres cultures, notamment lors d’un séjour en Corée du Sud en 2025.
Ce qu’ils préfèrent de la recherche au collégial? Les nombreuses occasions d’approfondir leurs connaissances. Andréane se remémore le chemin parcouru : « Quinze ans plus tôt, je n’aurais jamais pensé faire de la recherche au collégial. J’aimais beaucoup la recherche, mais je n’avais jamais envisagé cette possibilité! »
Frédérick et Andréane sont aujourd’hui fiers de cette reconnaissance et du rayonnement de leurs travaux.
Cette publication Partenaires d’Ici a été rédigée par le Service des communications du Cégep André-Laurendeau.
Les photos illustrant cette chronique ont été fournies par le Cégep André-Laurendeau.
